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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 23:24

Finances: La sortie à l’international maintenue pour novembre
Entretien avec Nizar Baraka, ministre de l’Economie et des Finances

Nizar Baraka,  ministre de l’Economie et des Finances ne semble pas s’inquiéter de l’impact de la dégradation des perspectives de la dette marocaine par Standard & Poor’s. La sortie à l’international est maintenue pour novembre. Par contre, la situation de la Bourse reste préoccupante. Le patron des Finances reconnaît le manque d’initiative des autorités au moment où le marché était euphorique. «Nous avons laissé le marché mourir à petit feu» a-t-il indiqué. Sur les autres sujets, l’amnistie fiscale pour le secteur informel a déjà permis de ramener 6.000 entreprises dans la légalité.

- L’Economiste: S&P vient de dégrader les perspectives de la dette marocaine. Maintenez-vous l’emprunt à l’international à la date prévue?
- Nizar Baraka: L’emprunt à l’international est maintenu. Nous allons bientôt effectuer un road show qui nous amènera aux Etats-Unis, dans les pays arabes et en Europe. L’objectif est toujours de mobiliser jusqu’à 1 milliard de dollars.

- La Bourse est dans un état comateux. Qu’envisagez-vous pour lui redonner des couleurs?
- Le vrai problème de la Bourse est qu’il y a eu une bulle (ndlr: période euphorique où le marché a enregistré 25 introductions en Bourse entre 2004 et 2007) et nous avons décidé de ne pas la percer. Nous l’avons laissée mourir à petit feu. En outre, le flottant est trop faible.
Aujourd’hui, nous voulons accélérer la sortie des textes sur le marché. Il y a un certain nombre de projets de lois qui sont passés en Conseil de gouvernement. Nous avons créé une commission spéciale au niveau de la Chambre des députés pour accélérer leur validation. Cela nous a déjà permis de faire passer les textes sur le microcrédit, les prêts de titres et les obligations sécurisées. Ils devraient être discutés à la Chambre des conseillers d’ici la fin de l’année. De plus, nous étudions un aménagement du cadre réglementaire de la Bourse elle-même. L’autre chantier sur lequel nous travaillons est un texte de loi sur la gestion des actifs de l’Etat. L’objectif est de nous inscrire dans une logique d’ouverture de capital sans passer par la privatisation. L’Etat doit apprendre à gérer son portefeuille d’actifs, ce qui n’est pas le cas actuellement. Nous sommes jusqu’ici dans une logique de contrôle.

- Qu’ont apporté les incitations fiscales en faveur des PME ces dernières années?
- Nous avons décidé d’exonérer le passif des entreprises qui se déclarent. Ces mesures ont permis jusqu’ici de ramener 6.000 entreprises dans le secteur formel. Le principal obstacle pour les entreprises à se déclarer est la peur de l’importance des charges sociales. Notre rôle est donc de les accompagner. Plusieurs autres mesures ont été mises en place. Il s’agit notamment de la neutralité fiscale lors de la fusion. Nous avons également augmenté les taux sur les dividendes de 10 à 15% pour que l’argent reste dans l’entreprise. Cette mesure coûtera 500 millions de DH à l’Etat. En outre, la baisse de l’impôt sur les sociétés à 10% pour celles qui dégagent moins de 200.000 DH de bénéfice devrait profiter à 77% des entreprises. Les incitations fiscales pour les introductions en Bourse sont maintenues jusqu’en 2016.

                                                                                                                         

Taxation hauts revenus: Baraka se défend

Injustice! Le mot est souvent revenu pour qualifier la taxation de hauts revenus prévue dans le projet de loi des finances. Nizar Baraka, ministre de l’Economie et des Finances, a récemment défendu cette mesure sur le plateau d’Atlantic radio: «Aujourd’hui, nous cherchons à développer un modèle solidaire. L’argent collecté va financer le fonds de cohésion sociale. Nous allons ainsi permettre à 1 million d’enfants dans le monde rural de pouvoir aller et rester à l’école. Cela va également permettre à 1,5 million de pauvres d’accéder aux soins de base gratuitement».
La taxation concernera les revenus les plus aisés (revenus salariaux, fonciers et professionnels) pendant trois ans. Les contribuables qui émargent entre 300.000 DH (25.000 DH/mois) et 600.000 DH nets (50.000 DH/mois) par an devront verser 3% de leurs revenus, soit une contribution annuelle comprise entre 9.000 et 18.000 DH selon les estimations des experts (cf. www.leconomiste.com du 24 octobre 2012). L’apport monte à 5% pour les revenus supérieurs à 600.000 DH nets par an. Selon Baraka, la mesure concernerait 36.000 personnes ou moins d’1% des salariés déclarés. «Nous demandons l’équivalent d’un paquet de gauloise blonde par jour comme contribution», caricature le ministre. Toujours est-il, la mesure n’a pas fini de susciter des commentaires. Au-delà de cette mesure, les détracteurs reprochent surtout le manque de vision à long terme des mesures du gouvernement.

Source : L'économiste, n° 3903, 07/11/2012

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Published by OUBEJJA Mohamed - dans Economie marocaine
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  • Enseignant des sciences économiques et de gestion, titulaire d'une licence appliquée en management des systèmes d'information et de décision et d'un Bac sciences maths.
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